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Afrique du Sud : au moins huit mineurs tués dans l’incendie d’une mine d’or

Huit mineurs ont été retrouvés morts jeudi après un incendie au fond d’une mine d’or près de Johannesburg, un nouveau coup dur pour le secteur minier sud-africain agité par deux semaines de grève dans le secteur du platine.

“Ce tragique accident nous ramène des années en arrière.Le secteur a fait de gros efforts ces dernières années pour assurer la sécurité”, a déclaré la ministre des Mines Susan Shabangu lors d’une conférence de presse télévisée.

Elle a également déploré que le drame survienne alors même que l’Afrique du Sud accueille au Cap une conférence minière internationale, dont l’un des buts est d’attirer des investisseurs.La ministre n’a pas mentionné la grève qui s’éternise dans les mines de platine où les négociations ont été ajournées sine die mercredi.

Jeudi matin, le Syndical national des mineurs (NUM)a annoncé que huit des neufs mineurs portés disparus dans la mine d’or de Doornkop avaient été retrouvés morts.Le neuvième était toujours recherché par les secours à la mi-journée.

La mine, située dans le sud-ouest de l’agglomération de Johannesburg, est exploitée par le groupe sud-africain Harmony Gold, numéro cinq mondial avec environ 36.000 salariés, essentiellement en Afrique du Sud mais aussi en Papouasie-Nouvelle Guinée.

L’accident a été provoqué par une secousse tellurique de magnitude 2,4, qui a entraîné des chutes de pierres et endommagé des câbles.Un incendie s’est ensuite déclenché mardi, à plus de 1.700 mètres sous terre. Dix-sept mineurs au total ont été bloqués. Huit d’entre eux ont pu gagner un refuge et être secourus le lendemain matin.Les autres sont restés bloqués.

Les accidents demeurent fréquents dans les mines d’or sud-africaines en dépit des efforts pour les réduire.En 2010, 128 personnes avaient été tuées dans les mines, selon les derniers chiffres publiés par une ONG spécialisée locale.

Le NUM a appelé dès mercredi à une enquête rapide pour déterminer les causes de la secousse tellurique, qui pourrait avoir été provoquée par des opérations à la mine ou d’origine naturelle.

Les petits tremblements de terre sont fréquents dans la région de Johannesburg.Ils ne sont généralement pas ressentis à la surface mais peuvent faire d’importants dégâts dans les mines, qui sont très profondes.

La porte-parole du groupe, Charmane Russel, a estimé qu’il était trop tôt pour “spéculer sur les causes de l’incendie”.

L’Afrique du Sud a perdu son rang de premier producteur mondial d’or en 2007.

Son secteur minier continue par ailleurs de faire les gros titres de la presse sud-africaine avec la grève de quelque 80.000 mineurs de platine, qui réclament de substantielles augmentations salariales depuis deux semaines.

Les pourparlers avec le syndicat radical Amcu étaient au point mort jeudi, mais la commission de conciliation continuait son travail pour tenter de renouer la négociation, selon Amcu, majoritaire dans le secteur.

Mercredi soir, les trois principaux producteurs de platine mondiaux, Anglo American Platinum (Amplats), Impala Platinum (Implats) et Lonmin, touchés par la grève, ont annoncé que “les parties étant incapables de s’entendre sur un accord”.

Les mineurs de la “ceinture de platine” sud-africaine autour de Rustenburg (nord) sont en grève depuis le 23 janvier.Ils réclament un salaire de base de 12.500 rands (830 euros), plus du double du salaire de base actuel, ce que les trois groupes concernés jugent totalement irréaliste.

Les mines, qui affirment que la grève a déjà coûté 266 millions d’euros, ont proposé des augmentations comprise entre 7% et 9% selon les catégories pendant trois ans.

L’Afrique du Sud fournit plus de 70% de la production mondiale de platine.

Elle a été secouée par une vague de grèves sauvages il y a moins de deux ans.Le massacre de 34 grévistes en août 2012 par la police sur le site de Lonmin à Marikana a durablement marqué les esprits dans le pays comme à l’étranger.

AFP/Johannesburg

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