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Afrique du Sud: le roi des Zoulous rejette toute responsabilité dans les violences xénophobes

Le roi des Zoulous, Goodwill Zwelithini, accusé d’avoir provoqué une vague de violences xénophobes qui a fait au moins sept morts et des milliers de réfugiés en Afrique du Sud, a rejeté lundi toute responsabilité dans ces incidents.

“Tous les gens qui m’écoutaient à Pongolo (le 23 mars, ndlr) comprennent bien le zoulou (…). On a donné au public une version déformée et mal interprétée de mon discours”, a-t-il déclaré lundi en zoulou. Les médias avaient alors rapporté qu’il avait appelé les étrangers à “faire leurs bagages et quitter” le pays.

“Cette violence envers nos frères et soeurs est une honte. (…) protégeons nos frères et soeurs africains”, a-t-il lancé au cours d’un meeting dans le grand stade de Durban (est), la métropole du pays zoulou.

“Mon discours à Pongolo était destiné à la police, appelant à une meilleure application de la loi” afin de lutter contre la criminalité et l’immigration illégale, a assuré Goodwill Zwelithini, qui était habillé à l’occidentale.

Le roi zoulou n’a, dit-il, jamais ordonné à ses quelque 12 millions de sujets (plus de 22% de la population sud-africaine) d’attaquer des étrangers. “Si j’avais dit ça, il ne resterait plus rien!”

“Cette violence est destinée à diviser les Africains et à nous dresser les uns contre les autres”, a-t-il relevé, mettant en cause une “troisième force”, allusion au gouvernement blanc qui au début des années 1990, à la fin de l’apartheid, avait manœuvré pour dresser le Congrès national africain (ANC) de Nelson Mandela contre le parti zoulou Inkatha.

Les violences xénophobes qui ont secoué ces quinze derniers jours les agglomérations de Durban et de Johannesburg ont fait au moins 7 morts et des milliers de déplacés. La police a annoncé l’arrestation de 307 personnes, tandis que le calme semblait revenu lundi.

Les exactions contre les Africains étrangers sont courantes en Afrique du Sud.

Une explosion de violences avait fait 62 morts en 2008. La situation s’est nettement calmée depuis, mais des incidents sporadiques n’ont jamais cessé dans les townships, visant surtout des Bangladais, des Somaliens et des Ethiopiens, dont les magasins sont régulièrement pillés, mais aussi des Congolais de RDC.

Plusieurs centaines de boutiques tenues par des immigrés ont notamment été mises à sac en janvier à Soweto, le grand township de Johannesburg, des troubles qui ont fait une demi-douzaine de morts.

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