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Élections en RDC : ce que propose Lamuka pour « contourner la fraude » de la machine à voter

N’ayant pas pu dissuader le régime de Joseph Kabila sur l’usage de la machine à voter lors des élections du 30 décembre, la coalition Lamuka dit toutefois avoir trouvé la meilleure formule pour contourner la fraude qui se cacherait derrière cet outil.

Bien drapés dans leurs costumes, micro-cravate bien fixés, c’est dans une vidéo d’une dizaine de minutes diffusée sur les réseaux sociaux, que Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi se sont adressés ce vendredi à leurs compatriotes.

Contexte oblige, les deux leaders de l’opposition ont parlé des élections du 30 décembre. Ces élections, qui viennent de subir un troisième report (2016, 2017 et 23 décembre 2018) ont pour principale particularité le recours à la machine à voter. C’est un écran tactile à travers lequel l‘électeur clique sur la photo de son candidat. La machine imprime alors le nom du candidat au verso. L‘électeur plie le bulletin avant de le glisser dans l’urne.

Si le pouvoir y tient comme à la prunelle de ses yeux, l’opposition voit en la machine à voter un outil de fraude au profit du candidat du pouvoir. Mais, Lamuka comme bien d’autres coalitions de l’opposition ont accepté de finalement participer aux élections avec la machine à voter. La plateforme portée par Martin Fayulu dit cependant avoir un trouvé un stratagème pour contrer d‘éventuelles fraudes de la machine à voter.

« Ne pas prêter le flanc au pouvoir »

« Quand vous irez voter, ne vous précipitez pas à partir. Soyez très vigilants sur les bulletins imprimés par leurs fameuses machines à voter. Il faudra regarder au verso, si c’est bien le nom de votre candidat qui a été imprimé », a déclaré Jean-Pierre Bemba en lingala.

« Que nos délégués ne sortent pas des bureaux de vote avant le début du dépouillement des bulletins. Les populations devront exiger l’affichage des résultats dans chaque bureau de vote. Faites tout cela dans le respect de la loi. Ne prêtez pas le flanc à ces militaires que le pouvoir déploiera pour nous tuer », a poursuivi l’ancien vice-président de RDC.

Mêmes consignes données par Moïse Katumbi en swahili. Mais les populations observeront-elles vraiment ces consignes sans débordement ? La force publique, sécurisera-t-elle ces élections sans bavure ? Et qu’en adviendra-t-il ?

Décidément, ces élections qui devraient favoriser la toute première alternance pacifique de l’histoire de la RDC, pourraient beaucoup plus aggraver que résorber la crise politique qui cisaille ce géant d’Afrique centrale depuis des dizaines d’années.

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