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Elections en RDC : Kabila lance des consultations en vue d’un dialogue

Le président congolais Joseph Kabila lance vendredi des consultations tous azimuts en vue d’un dialogue politique aux contours encore flous et rejeté par une partie de l’opposition qui y voit un stratagème pour permettre au chef de l’Etat de rester au pouvoir illégalement.

“Le chef de l’Etat commence vendredi (des) consultations avec toutes les forces vives de la nation”, a annoncé à l’AFP un haut responsable congolais dans la nuit de jeudi à vendredi.

“Il va écouter tout le monde”, en particulier “les réflexions sur le calendrier électoral global”, a ajouté ce responsable, sous le couvert de l’anonymat.

Publié en février par la Commission électorale nationale indépendante (Céni), cet échéancier prévoit une série d’élections (locales, provinciales, sénatoriales…) devant commencer en octobre et mener jusqu’à la présidentielle et aux législatives devant avoir lieu en novembre 2016.

Agé de 43 ans, M. Kabila est à la tête de la République démocratique du Congo depuis 2001. La Constitution lui interdit de se représenter à la fin de son mandat s’achevant fin 2016.

Le pays traverse une grave crise politique depuis la réélection contestée du président en 2011, à l’issue d’un scrutin entaché de fraudes et d’irrégularités massives.

  1. Kabila a jusqu’à présent refusé de céder aux demandes de l’opposition l’enjoignant de s’engager publiquement à quitter le pouvoir à l’issue de son mandat.

Après la chute du président burkinabè Blaise Compaoré en octobre, le gouvernement congolais a abandonné un projet de révision constitutionnelle dont les termes n’avaient jamais été publiés mais que l’opposition soupçonnait d’avoir été conçu pour permettre à M. Kabila de briguer un nouveau mandat.

Les trois grands partis de l’opposition que sont l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le Mouvement de libération du Congo (MLC) et l’Union pour la nation congolaise (UNC) estiment en substance que le programme arrêté par la Céni fait planer l’incertitude sur la tenue de la prochaine présidentielle dans les délais prévus par la Constitution.

– Congo-Brazza, Burundi, Rwanda –

Les consultations voulues par M. Kabila commencent moins de dix jours après le début d’une initiative similaire au Congo-Brazzaville voisin, où il est de plus en plus question d’une révision de la Constitution pour permettre au président Denis Sassou Nguesso de se représenter en 2016.

Elles surviennent aussi alors que le Burundi est plongé dans une grave crise politique depuis l’annonce fin avril de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, et moins de 48 heures après l’annonce au Rwanda d’une possible révision constitutionnelle qui autoriserait un nouveau mandat au président Paul Kagame.

  1. Kabila doit recevoir les chefs des confessions religieuses puis les chefs coutumiers avant de discuter avec ceux des partis politiques de l’opposition puis de la majorité, des groupes parlementaires et regroupements politiques pour finir avec les diplomates accrédités en RDC et le chef de la Mission de l’ONU au Congo (Monusco).

La durée de ces consultations n’a pas été précisée.

Formation historique de l’opposition, l’UDPS a dit être prête à participer au “dialogue politique” proposé par M. Kabila, y voyant la meilleure solution pour sortir le pays de la crise politique.

A l’inverse, une coalition regroupant le MLC, l’UNC, des dissidents de l’UDPS et des représentants de plusieurs dizaines de petits partis s’y oppose, y voyant une manoeuvre pour retarder la prochaine présidentielle et permettre à M. Kabila de rester au pouvoir au-delà du terme de son mandat.

Selon la source officielle, les interlocuteurs du chef de l’Etat “vont faire des réflexions sur le dialogue” politique et dire “quel pourrait en être le format”, et “quand (celui-ci) pourra avoir lieu”.

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