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La CPI appelle l’Afrique du Sud et le Burundi à “reconsidérer leurs positions”

Le président de l’Assemblée des Etats parties au statut de Rome, traité fondateur de la Cour pénale internationale, a appelé samedi l’Afrique du Sud et le Burundi à “reconsidérer leurs positions”, au lendemain de l’annonce par Pretoria de son retrait de la CPI.

“Bien que l’option de se retirer d’un traité relève de la souveraineté de l’État, je regrette ces décisions et invite l’Afrique du Sud et le Burundi à reconsidérer leurs positions”, a écrit dans un communiqué M. Sidiki Kaba.

Le président de l’Assemblée craint que “ce troublant signal n’ouvre la voie à une cascade de retraits d’États africains du statut de Rome, fragilisant ainsi la seule et unique juridiction pénale internationale permanente chargée de juger (…) le génocide, les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les crimes d’agression”.

L’Afrique du Sud a annoncé vendredi son retrait de la Cour après la polémique causée par son refus d’arrêter le président soudanais Omar el-Béchir.

Pretoria “a déposé l’instrument de retrait de son pays du statut de Rome” auprès du secrétaire général de l’ONU, selon la CPI. “Cette décision intervient à la suite du processus de retrait récemment entamé par le Burundi.”

Mardi, le président burundais Pierre Nkurunziza avait promulgué la loi prévoyant que son pays, plongé dans une grave crise politique qui a fait plus de 500 morts, se retire de la CPI.

“Je les exhorte à conjuguer leurs efforts avec ceux des autres États dans la lutte contre l’impunité, qui occasionne souvent des violations massives des droits humains”, a ajouté M. Kaba.

Kaba a appelé “tous les États parties à rester des membres actifs et aux autres États à ratifier le statut de Rome afin d’assurer aux victimes de crimes de masse le droit à la justice universelle”.

“La Cour pénale internationale a besoin du soutien ferme de la communauté internationale et de la coopération des États pour assurer son efficacité et renforcer sa crédibilité”.

Pour l’ancien et premier procureur de la Cour Luis Moreno-Ocampo, “le président du Burundi veut avoir les mains libres pour attaquer les civils”.

“S’échapper de la CPI est une manière d’avoir les mains libres pour commettre un génocide”, a-t-il dit à l’AFP, évoquant l’emploi du mot “cafards” par le président du Sénat burundais, également entendu en 1994 avant le génocide au Rwanda.

L’Argentin craint “le début d’une nouvelle guerre africaine dans la région des Grands Lacs”. De son côté, l’Afrique du Sud offre, en se retirant de la CPI, “une protection politique pour le Burundi”.

Alors que l’actuelle présidente de la Commission de l’Union africaine (UA) est la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, Pretoria “promeut une protection de l’UA aux auteurs, et non aux victimes”, a-t-il poursuivi, assurant que l’UA était devenue “un club pour se protéger l’un l’autre”. “Tous les dictateurs sont contre la CPI parce que Kadhafi, el-Béchir, (et) maintenant le Burundi utilisent les atrocités de masse pour rester au pouvoir et ce qui est honteux, c’est que l’Afrique du Sud, qui a été soutenue pour contrôler l’apartheid, soutient maintenant les criminels”.

Moreno-Ocampo a dénoncé l’absence de stratégie de la communauté internationale. “Mais en avril, la procureure de la CPI Fatou Bensouda a ouvert un examen préliminaire sur les crimes commis au Burundi”, a-t-il ajouté. “C’est pourquoi le Burundi quitte la Cour, parce que la CPI est la seule institution capable d’arrêter les crimes.”

Source :afp

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