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La France appelée à sévir contre l’exploitation illégale du bois en RDC

L’ONG britannique Global Witness a appelé mercredi la France à prendre des “mesures rigoureuses” contre les entreprises qui, sur son territoire, commercialisent du bois issu d’une exploitation illégale des forêts de la République démocratique du Congo.

“Global Witness demande instamment aux autorités en charge de l’application des lois en France de prendre des mesures rigoureuses à l’égard des entreprises qui contribuent à financer [les] atteintes” à l’environnement, note l’ONG dans un communiqué.

“En vertu du Règlement sur le bois de l’Union européenne (RBUE), les entreprises n’ont pas le droit d’importer du bois qui porte atteinte aux législations du pays producteur”, souligne l’organisation à l’occasion de la publication d’un nouveau rapport sur la RDC.

Selon Global Witness, la France est le deuxième pays exportateur de bois e provenance de RDC après la Chine. L’ONG qualifie de “vraiment choquante” l’ampleur des “illégalités” commises au Congo.

Elle accuse notamment la Société industrielle et forestière du Congo (Siforco) et la Société de développement forestier (Sodefor), deux des plus grands groupes forestiers en RDC, d’exploiter les forêts “sans permis”, de dépasser leurs quotas de coupe, de vendre des “essences officiellement protégées” et de sous-payer leurs redevances.

“Les négociants encaissent des millions de dollars grâce à une activité qui conduit à l’extinction d’une des dernières forêts tropicales de la planète. (…) Les autorités françaises devraient appliquer leurs législations et mettre un frein à cet afflux de bois illégal”, insiste Global Witness.

Selon le rapport de cette ONG de lutte contre le pillage des ressources naturelles dans les pays en développement, les grandes entreprises forestières actives en RDC ont enfreint la législation dans la moitié au moins des 57 concessions du pays entre 2011 et 2014.

Fin mai, l’ONG Greenpeace avait appelé au boycott du bois coupé illégalement par l’entreprise congolaise Cotrefor (Compagnie de Transport et d’Exploitation Forestière), l’accusant de nuire à l’environnement. Kinshasa avait dénoncé des propos “diffamatoires”, caractérisés par des “confusions” et “amalgames”.

Grande comme cinq fois la France, la RDC abrite plus de 60% des forêts denses du Bassin du Congo, deuxième massif forestier tropical de la planète après celui de l’Amazonie, selon la Commission des forêts d’Afrique centrale (Comifac).

En 2014, un rapport du cercle de réflexion britannique Chatham House estimait que près de 90% de l’exploitation forestière du pays était illégale.

Chatham House notait néanmoins les efforts du gouvernement congolais pour mieux contrôler l’exploitation dite “industrielle”, destinée principalement à l’exportation outre-mer, tout en notant que “la majorité de la récolte [de bois] en RDC” était “issue d’une exploitation artisanale illégale” destinée au marché intérieur ou régional.

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