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La RDC risque de ne pas profiter de son cobalt pour le boom attendu des véhicules électriques

Le boom attendu des véhicules électriques annonce une explosion de la demande de certaines matières premières. Il y en a surtout une qui pose un sérieux problème d’approvisionnement pour la nouvelle industrie : le cobalt. Or, à elle seule, la RDC en assure 65% de la production mondiale et dispose de la moitié des réserves connues. Hélas, le pays risque de ne pas profiter de cette position de force : travail des enfants,  trafics, insécurité… Les investissements miniers se multiplient à travers le monde pour trouver rapidement des alternatives plus acceptables.

Le marché des véhicules électriques en pleine croissance

Si des voitures électriques (VE) circulaient déjà dans les rues des villes d’Europe et des Etats-Unis, il y a plus de cent ans, elles ont été supplantées par les automobiles à essence. Avec les pressions sur le prix du carburant et les questions d’ordre environnemental, la technologie a refait surface au début du XXIe siècle. Ces véhicules, mus par la force de moteurs électriques alimentés par des batteries d’accumulateurs ou une pile à combustible, sont ainsi présentés comme l’une des «solutions contre le réchauffement climatique» et l’un des enjeux majeurs de la mobilité de demain. «Face à l’inquiétude grandissante suscitée par le changement climatique et les effets de la pollution à l’échelle mondiale, le virage rapide vers les voitures électriques est désormais impossible à arrêter », ont déclaré les analystes d’Investec.

Depuis, le marché est en pleine croissance. Selon l’Agence internationale de l’énergie, plus d’un million de véhicules hybrides ou électriques ont été vendus dans le monde en 2017, soit une croissance de 57%. Cette croissance a été principalement portée par la Chine, qui en a vendu 580 000. Si la part des véhicules électriques dans l’ensemble des voitures en circulation reste encore «très faible», un beau futur est annoncé.

Selon Patrick Koller, PDG de l’équipementier automobile Faurecia, cité par l’AFP, «l’électrification est une tendance importante». Il a indiqué que près de la moitié du marché automobile sera «électrifié» d’ici 2030 dont 13% de véhicules purement électriques, alors que la part du moteur thermique tombera de 95% en 2017 à 57% en 2030.

Le cobalt et le lithium seront les plus grands bénéficiaires selon McKinsey

Les marchés du lithium et du cobalt ont toujours été alimentés par la demande de batteries – principalement de produits électroniques grand public – représentant respectivement 40 % et 25 % de la demande en 2017.

Pour McKinsey, le lithium et le cobalt seront les plus grands bénéficiaires de la révolution des voitures électriques, du fait des inquiétudes au sujet de la disponibilité à long terme de ces produits de base. Citant les «augmentations spectaculaires de prix» de ces deux produits de ces dernières années, elle prédit une croissance de l’intérêt qu’on leur porte

Selon le scénario de base prévu par McKinsey, en supposant que les batteries au lithium-ion dominent le marché, la demande de lithium triplera, passant de 214 000 tonnes à 669 000 tonnes entre 2017 et 2025. Quant au cobalt, sa demande augmentera de 60 %, de 136 000 tonnes à 222 000 t sur la même période.

A l’heure actuelle, plus de 95 % de l’approvisionnement mondial en lithium se présente sous forme de saumure ou de minerai de roche dure, et provient notamment de l’Amérique latine, de l’Australie et de la Chine. Inversement, moins de 10 % de l’approvisionnement en cobalt est un produit primaire, le reste étant extrait comme sous-produit des mines de cuivre et de nickel et plus de 65 % de la production mondiale étant concentré en RDC.

La RDC et son monopole sur le cobalt

Le cas du cobalt est plus préoccupant étant donné le manque de transparence dans la chaîne de valeur. Plusieurs ONG dénoncent le travail des enfants dans les mines congolaises, ce qui pousse les utilisateurs (y compris les compagnies automobiles) à investir dans la traçabilité. En avril dernier, BMW a indiqué qu’elle utilisera dès 2020 du cobalt provenant du Maroc et de l’Australie pour s’assurer qu’il n’est pas produit par le travail des enfants.

En outre, la production du métal est extrêmement concentrée. La RDC, où se trouverait environ la moitié des réserves connues, est le leader mondial de la production avec plus de la moitié de l’offre mondiale. «Cette situation entraine un risque politique important, le pays réalisant la position de force qui est la sienne aujourd’hui. Notamment, de plus en plus de voix s’élèvent dans ce pays pour réclamer la renationalisation des ressources naturelles du pays, estimant ne pas être correctement rémunérées pour l’exploitation qui est faite par les sociétés privées», explique Ofi Asset Management dans son rapport.

Preuve des inquiétudes croissantes des investisseurs, une coalition de milliardaires composée de Bill Gates, Jeff Bezos, Ray Dalio ou encore Michael Bloomberg a annoncé en mars 2019 vouloir financer la recherche de nouvelles sources de cobalt.

La start-up, Kobold Metals, constitue une base de données géologiques qu’elle introduit dans un algorithme, à la recherche de signaux qui indiquent la probabilité d’une concentration accrue de cobalt.

Selon Kurt House, le PDG de Kobold Metals, l’approche a de grandes chances de réussir parce que les compagnies minières ne se sont jamais concentrées sur la recherche de cobalt. D’après Darton Commodities, qui compile des données sur le secteur, il y a plus de 50 projets d’exploration du cobalt, principalement en Australie et au Canada.

Source :Agenceecofin

 

 

 

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