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RDC: Inquiétude face à la hausse des cas d’enlèvement à l’Est du pays

L’organisation américaine de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW) s’est alarmée mercredi de la hausse du nombre d’enlèvements contre rançon dans l’est de la République démocratique du Congo.

“La hausse alarmante du nombre de kidnappings constitue une grave menace pour la population de l’est de la RD Congo”, écrit HRW dans un communiqué, appelant Kinshasa à créer “de toute urgence (…) une unité de police spéciale chargée d’aider à secourir les otages, et de mener des enquêtes et des poursuites contre les ravisseurs”.

HRW dit avoir confirmé l’enlèvement contre rançon de 172 Congolais et trois étrangers depuis le début de l’année dans le sud-est de la province du Nord-Kivu (est), en “grande majorité” dans le territoire de Rutshuru.

Selon le communiqué, “la plupart des enlèvements documentés par Human Rights Watch ont eu lieu dans des zones contrôlées antérieurement par le M23” (Mouvement du 23 Mars), rébellion majoritairement tutsi soutenue par le Rwanda et l’Ouganda voisins de la RDC et vaincue militairement en novembre 2013.

L’est de la RDC (le Nord-Kivu en particulier) est déchiré depuis plus de vingt ans par des conflits armés alimentés par des différends ethniques et fonciers, la concurrence pour le contrôle des ressources minières de la région et des rivalités entre puissances régionales.

De la province du Haut-Uélé, au nord, à celle du Haut-Katanga, au sud, on dénombre une cinquantaine de groupes armés congolais ou étrangers en activité.

Depuis la chute du M23, nombre d’ONG et d’habitants dénoncent une montée de l’insécurité liée au crime organisé dans le Rutshuru, où sont signalés aussi régulièrement des rebelles hutu rwandais FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda).

HRW voit un lien entre l’absence de progrès du processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) des combattants des groupes armés congolais lancé après la chute du M23 et la hausse des enlèvements.

“Les combattants (…) qui se sont rendus au cours des deux dernières années ont été envoyés dans des camps de regroupement où ils ont attendu pendant des mois”, écrit l’ONG, “lassés d’attendre, (certains) sont revenus à leurs groupes armés ou bien se sont tournés vers une autre activité criminelle, notamment le kidnapping.”

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