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RDC : l’appel de Tshisekedi à faire tomber le pouvoir se perd dans le vide

L’appel du vieil opposant congolais Étienne Tshisekedi à manifester pacifiquement pour faire tomber le président Joseph Kabila semble s’être perdu dans le vide à Kinshasa, en l’absence d’internet mobile, de réseaux sociaux et de sms, tous services qui auraient permis de relayer son mot d’ordre et qui sont coupés depuis sept jours.

Seules une cinquantaine de personnes s’étaient rassemblées dans la matinée devant le siège de l’Union pour la démocratie et le progrès (UPDS) de M. Tshisekedi, dans son fief de Limete, quartier de l’est de la capitale de la République démocratique du Congo.

Ils se sont dispersés d’eux mêmes un peu avant midi (11h00 GMT) à l’arrivée de plusieurs jeeps de la police, selon des correspondants de l’AFP, qui les ont retrouvés un peu plus tard de nouveau devant le siège du parti.

Plutôt que de descendre dans la rue, conformément au mot d’ordre qu’il avait lui-même lancé à tout le pays, Bruno Mavungu, secrétaire général d’une UDPS minée par les querelles internes, restait quelque part, “en réunion”, selon un assistant.

Les rares personnes à s’être déplacées semblent perdues. “On n’a pas d’itinéraire”, dit un jeune. “Est-ce que la marche a été annulée ?” demande un autre.

Aucun rassemblement d’ampleur n’avait été signalé à la mi-journée dans le pays.

Après les violences meurtrières de la semaine précédente provoquées par l’examen d’une loi électorale controversée, la vie à Kinshasa avait repris un cours totalement normal lundi. Les écoles avaient rouvert et les rues leur animation habituelle. La présence policière et militaire n’était pas plus importante qu’un jour ordinaire.

“Nous sommes contents après autant de jours sans travail que la situation redevienne normale”, dit un quinquagénaire alors que les vendeurs à la sauvette occupent de nouveau les rues.

Dimanche, le camp de M. Kabila a joué l’apaisement en faisant adopter une nouvelle loi électorale expurgée de la disposition à l’origine de troubles à Kinshasa et dans plusieurs villes de provinces dans lesquelles 13 à 42 personnes ont été tuées selon les sources. La répression des forces de l’ordre a été condamnée par plusieurs ONG ou chancelleries.
– RFI brouillée –

La disposition contestée aurait permis un report de la présidentielle de 2016 en liant sa tenue aux résultats d’un recensement général de la population devant commencer cette année et qui, selon certains analystes, pourrait prendre jusqu’à trois ans dans un des pays les moins développés au monde.

  1. Kabila est au pouvoir depuis 2001. Il a été élu pour la première fois en 2006 et réélu en 2011 à l’issue d’un scrutin entaché d’irrégularités massives. La Constitution lui interdit de briguer un troisième mandat.

Plusieurs opposants à la loi électorale dénoncent cependant déjà ses “sous-entendus” ou son “ambiguïté” et estiment qu’elle traduit toujours une volonté manifeste du pouvoir de faire “glisser” le calendrier électoral de manière à ne pas tenir l’échéance de 2016. Théoriquement, quatre scrutins directs et indirects (pour certains en retard de plus de trois ans) doivent avoir lieu avant la présidentielle.

“On a le sentiment qu’une crise a été réglée [avec le vote du Parlement de dimanche] mais qu’à la première occasion les durs du régime recommenceront” à agir pour permettre à M. Kabila de rester au pouvoir, note un diplomate.

Le signal de Radio France Internationale (RFI) était de nouveau brouillé depuis le début de la matinée à Kinshasa.

Les autorités avaient coupé le signal de RFI pendant 24 heures mercredi sur toute l’étendue du territoire national après deux jours de violences meurtrières à Kinshasa et au lendemain d’un “appel solennel” de M. Tshisekedi à ses compatriotes, lancé de Bruxelles où il séjourne en convalescence. Âgé de 82 ans, M. Tshisekedi, qui refuse de déléguer ses fonctions, y exhortait “le peuple à demeurer mobilisé, de manière permanente, pour contraindre [un] régime finissant à quitter le pouvoir”.

Principal opposant sous la dictature de Mobutu Sese Seko (à la tête du pays de 1965 à 1997) M. Tshisekedi est arrivé deuxième de l’élection présidentielle de 2011 qui avait été marquée par des fraudes massives. Depuis lors, il se proclame “président élu” de la RDC et nie toute légitimité à M. Kabila et au Parlement actuel.

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