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RDC: les autorités se justifient après la découverte d’une fosse commune

Les autorités de la province de Kinshasa se sont justifiées mardi de l’existence d’une fosse commune dans l’est de la ville afin de faire taire une rumeur sur la présence éventuelle d’opposants politiques parmi les cadavres.

“Le 19 mars 2015 (…) 421 personnes ont été inhumées” dans la commune de Maluku, a déclaré à la presse Robert Luzolanu Mavema, gouverneur par intérim de Kinshasa.

Sur ce total “nous avons tout d’abord 300 mort-nés et des fœtus (…) abandonnés dans les ruisseaux, dans les rivières et même les hôpitaux”. Les autres cadavres correspondent à “23 corps qui ont été abandonnés”, “des indigents, au nombre de 34”, et “64 personnes non identifiées”, a-t-il indiqué, ajoutant qu’un nombre indéterminé de ces cadavres avaient été remis par la Croix-Rouge.

Le gouvernement provincial n’a “absolument rien à cacher” à la population, a-t-il souligné.

L’enterrement s’est déroulé de nuit juste derrière le cimetière Fula-Fula, à Maluku en amont du fleuve Congo par rapport à la capitale.

La sépulture est une étendue de terre fraîchement retournée où poussent quelques herbes et où plane une odeur pestilentielle qui a alerté les voisins.

Sur le sentier terreux bordant le petit cimetière, des passants ont entendu parler de la fosse commune. Mais difficile de recueillir des témoignages: des agents de renseignement circulent dans les environs et l’inquiétude se lit sur certains visages.

Un vieux commerçant a néanmoins confié à l’AFP qu’il avait vu “très tôt le matin” du 19 mars un “grand camion benne qui avait du mal à sortir” du cimetière.

Selon le maire de Maluku, Papy Epiana, “la commune a été saisie par deux correspondances: l’une émanant de la morgue centrale de Kinshasa et l’autre du gouvernement provincial” afin de mettre à disposition “un endroit où on pouvait enterrer les indigents”.

Selon M. Mavema, “l’enterrement collectif” est une “pratique courante”. En 2014, trois fosses communes ont été creusées dans le cimetière de Mikongo, dans l’est de Kinshasa. La plus grosse d’entre elles, datée du 8 juin, comptait 343 individus, dont “267 fœtus et mort-nés”, selon lui.

Le ministre de l’Intérieur, Evariste Boshab, qui avait animé vendredi une rencontre sur la fosse commune avec notamment les services de sécurité et des défenseurs des droits de l’Homme, a été appelé à s’exprimer sur le dossier devant l’Assemblée nationale, à une date encore non communiquée.

Le gouvernorat a souligné que sa mise au point vise à démentir les rumeurs selon lesquelles la fosse de Maluku pourrait abriter des victimes des troubles de janvier ayant coûté la vie à plusieurs dizaines de personnes à Kinshasa et à Goma, dans l’est du pays.

Plusieurs villes de la République démocratique du Congo s’étaient embrasées du 19 au 22 janvier alors que le Parlement examinait un projet de révision de la loi électorale.

Selon un document officiel que l’AFP a pu consulter, une enquête judiciaire a été ouverte sur la fosse commune à la demande du Bureau conjoint de l’ONU pour les droits de l’Homme (BCNUDH) en RDC.

Selon une source onusienne, le BCNUDH a “reçu une demande d’appui de la part du parquet” et assiste les autorités judiciaires dans cette enquête, qui pourrait déboucher sur une exhumation des corps.

L’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch a souhaité de son côté une enquête “rigoureuse, indépendante et crédible” qui permettra de “mettre en lumière l’identité de ceux qui sont enterrés à Maluku” et de déterminer si la fosse contient les corps de “personnes tuées pendant les manifestations en janvier”.

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