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RDC : Mamadou Ndala: décès “surprenant” d’un témoin essentiel du meurtre après l’audience.

Le premier témoin du meurtre d’un officier congolais particulièrement populaire est mort jeudi dans des circonstances non déterminées, au lendemain de la première audience censée  faire la lumière sur ce drame, a-t-on appris de sources concordantes.

Comparaissant en tant que prévenu pour non-assistance à personne en danger, le sergent-major Arsène Ndabu Ndongala, qui conduisait la jeep dans laquelle est mort le colonel Mamadou Ndala le 2 janvier, avait livré mercredi sa version des faits devant la justice.

Il “vient de rendre l’âme à l’hôpital Santé Plus de Beni”, a déclaré son avocat, Me Augustin Tshisambu, à la reprise de l’audience dans cette ville du Nord du Nord-Kivu, province ravagée par les conflits depuis plus de vingt ans.

Un journaliste de l’AFP qui avait assisté à l’audience de la veille, a identifié le corps du sous-officier à la morgue de l’hôpital. Sept militaires présents autour du défunt ne cachaient pas leur colère, estimant qu’il avait été “assassiné”.

Le sergent “est arrivé à l’hôpital à 07h00 [05h00 GMT] dans un état de mort apparente”, a déclaré à l’AFP un médecin sous le couvert de l’anonymat, indiquant que le corps hospitalier avait tenté en vain de ranimer ce soldat trentenaire.

Selon le médecin, le sergent Ndabu “souffrait d’une maladie chronique”, qu’il n’a pas souhaité révéler. “Il était sorti de l’hôpital avec une santé améliorée il y a deux semaines [mais restait détenu, NDLR] et son pronostic était bon”, a-t-il ajouté, “il est surprenant qu’il soit arrivé dans cet état”.

Selon un proche du sous-officier décédé, le sergent Ndabu a été détenu plusieurs mois à Kinshasa pendant lesquels sa santé s’est fortement détériorée.

Me Tshisambu a indiqué à l’AFP avoir demandé au tribunal de faire autopsier le corps de son client, mais avoir essuyé un refus des magistrats.

Chef du 42e bataillon commando de l’Unité de réaction rapide (URR) congolaise, le colonel Ndala a été tué à l’âge de 35 ans par un tir de roquette ayant visé son véhicule dans les environs de Beni peu après avoir quitté cette ville.

Adulé de ses hommes et auréolé de plusieurs victoires contre la rébellion du Mouvement du 23 Mars (M23), défaite en novembre 2013, le colonel Ndala avait réconcilié de nombreux habitants du Nord-Kivu avec une armée congolaise généralement réputée pour son inefficacité, son indiscipline et les mauvais traitements infligés à la population civile. Il a été fait général à titre posthume.

La population attend du procès qui s’est ouvert mercredi à Beni devant la cour militaire opérationnelle du Nord-Kivu qu’il fasse toute la lumière sur la mort de cet officier charismatique.

Mercredi, en dépit de son air fatigué, le sergent Ndabu avait insisté pour témoigner debout pendant plusieurs heures devant la cour.

Dans sa déposition, le sous-officier, à qui la justice reprochait d’avoir dérobé des effets personnels du mort sur son cadavre, a affirmé avoir quitté la voiture qu’il avait abandonnée, avec le corps du colonel déjà mort à l’intérieur, pour aller chercher des renforts, et avoir été surpris de constater à son retour que celle-ci brûlait, sous le regards d’officiers du renseignement militaire du secteur arrivés sur les lieux entre-temps.

Avec la mort du sergent Ndabu, 19 personnes – en majorité des militaires – sont jugées à Beni dans cette affaire, dont huit par contumace.

Source :AFP

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