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Washington appelle les autorités burundaises au dialogue sous peine de sanctions

Des mesures “concrètes” seront prises, dont des sanctions ciblées contre les responsables des violences, si les autorités refusent le dialogue au Burundi, a averti jeudi un envoyé spécial du président américain Barack Obama à Bujumbura.

Le Burundi est agité depuis dimanche par des manifestations contre la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat lors de la présidentielle du 26 juin. La communauté internationale craint que ce mouvement ne débouche sur des violences à grande échelle, dans un pays dont l’histoire politique récente a été marquée par des massacres ethniques et une longue guerre civile (1993-2006).

“Nous espérons que les choses vont s’améliorer et non empirer. Nous espérons que les chances de dialogue seront saisies. Si tel n’était pas le cas, nous avons fait très clairement savoir qu’il y aurait des conséquences concrètes, pas simplement des déclarations, mais des conséquences que le gouvernement ressentira”, a averti lors d’une conférence de presse le secrétaire d’Etat adjoint à la démocratie et droits de l’Homme, Tom Malinowski.

Le diplomate, qui a rencontré jeudi le président Nkurunziza ainsi que des responsables de l’opposition et de la société civile, en pointe dans la contestation actuelle, a évoqué “notamment des mesures ciblées contre ceux qui sont responsables de violences”, refusant de nommer les personnalités potentiellement visées.

“Le Burundi est grandement dépendant de ses relations avec la communauté internationale”, a-t-il rappelé, en référence à l’importante aide dont bénéficie le pays, appelant les autorités à ne pas mettre ces liens “en péril”.

  1. Malinowski a clairement critiqué les récentes mesures du gouvernement pour tenter d’endiguer la contestation et lui a reproché d’être à l’origine de la radicalisation des manifestations.

“Les décisions prises par le gouvernement telles que la coupure de radios, des réseaux sociaux et autres, censées être motivées par le souci de maintenir la stabilité, laissent craindre l’effet inverse”, a-t-il souligné.

“Si les gens ne peuvent faire valoir leur opinion pacifiquement et dans le cadre de la loi, ils ne vont pas s’arrêter de manifester leur point de vue, il vont le faire moins pacifiquement et hors la loi”, a-t-il insisté.

Il a aussi dénoncé “l’utilisation et la distribution d’armes aux Imbonerakure”, les jeunes du parti au pouvoir, “pour intimider l’opposition et la société civile”. “Nous avons tous vu que cela se passe”, a-t-il souligné, alors que le gouvernement réfute ces accusations.

  1. Malinowski, qui était le “scribe” du président américain Bill Clinton en 2000, lors de la signature des Accords d’Arusha qui ouvrirent la voie à la fin de la guerre civile au Burundi, a qualifié la situation actuelle de “très dangereuse”.

“Nous espérons (…) qu’il va y avoir un recul sur les mesures répressives qui ne peuvent que faire empirer la situation”, a-t-il indiqué. “Manifester pacifiquement son opposition aux décisions présidentielles, ce n’est pas une insurrection”.

Les autorités ont qualifié l’actuelle contestation de “soulèvement” et interdit les manifestations depuis samedi, jour de la désignation par le parti au pouvoir de M. Nkurunziza pour être son candidat à la présidentielle. L’opposition et la société civile estiment qu’un troisième mandat de M. Nkurunziza, élu en 2005 et réélu en 2010, est inconstitutionnel.

Le climat actuel, notamment “les intimidations de ceux qui ne sont pas d’accord avec le président”, ne permettrait pas un “processus électoral légitime”, a enfin estimé l’envoyé spécial américain.

 

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