Les exportations agricoles de l’Afrique du Sud ont progressé de 11 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période l’an dernier, atteignant 3,7 milliards de dollars, selon les données publiées par Agbiz.

Le ministre de l’Agriculture, John Steenhuisen, a salué cette performance comme une preuve de la résilience et de la compétitivité du secteur, malgré un environnement commercial mondial incertain et des contraintes logistiques persistantes.

Cette croissance a été portée par une forte demande pour les raisins, pommes, poires, maïs, vin, abricots, cerises, pêches, sucre, laine, jus de fruits, noix, avocats, ananas, goyaves, mangues et soja, confirmant le rôle central de l’agriculture dans l’économie et l’emploi rural.

Le ministre a rappelé que l’agriculture a créé près de 300 000 emplois depuis le lancement du Plan national de développement en 2012, faisant passer l’emploi de 720 000 à environ 960 000 postes. « Imaginez ce que nous pourrions accomplir si nous libérions pleinement le potentiel productif de l’agriculture grâce à de meilleures infrastructures, une plus grande certitude en matière d’investissement, des logistiques renforcées, un accès élargi aux marchés et des opportunités accrues de propriété foncière et de financement », a déclaré Steenhuisen. Ses propos soulignent l’impact double du secteur : générer des revenus d’exportation tout en soutenant les moyens de subsistance des communautés rurales.

Lors du symposium Hortgro, le ministre a insisté sur l’importance cruciale de sécuriser et protéger l’accès aux marchés internationaux pour maintenir cette dynamique. Il a rappelé que l’industrie des fruits à pépins exporte déjà plus de 60 % de sa production vers plus de 100 destinations, avec l’Asie et l’Extrême-Orient comme principaux moteurs de croissance. « L’Extrême-Orient et l’Asie représentent déjà environ 35 % des exportations sud-africaines de pommes et demeurent parmi les frontières de croissance les plus importantes pour l’industrie », a-t-il affirmé.

Les avancées récentes, telles que le protocole sur les fruits à noyau conclu avec la Chine, ouvrant l’accès aux pêches, nectarines, prunes, abricots et pruneaux, ainsi que la réouverture des exportations de pommes vers la Thaïlande sous conditions phytosanitaires strictes, illustrent le potentiel des partenariats entre gouvernement et industrie.

Cependant, les contraintes logistiques demeurent un risque majeur. Steenhuisen a averti que la congestion au port du Cap pendant la saison de pointe des raisins de table a entraîné des détournements coûteux et des pertes financières importantes.

« Ce ne sont pas de simples désagréments opérationnels. Pour une industrie d’exportation de produits périssables à forte valeur, l’efficacité logistique est existentielle. Quand les fruits manquent les fenêtres d’expédition, les producteurs ne perdent pas seulement du temps. Ils perdent de la valeur, la confiance des marchés et la rentabilité », a-t-il souligné. Les analystes partagent cette inquiétude, estimant que sans réforme des infrastructures, l’Afrique du Sud risque de voir son avantage compétitif s’éroder.

Sur le plan international, cette progression des exportations reflète à la fois des opportunités et des fragilités. Le pays occupe déjà une position solide dans les exportations de pommes, poires et fruits à noyau, mais les analystes estiment que l’expansion vers des marchés à plus forte valeur ajoutée, le renforcement des chaînes de valeur et l’investissement dans la transformation pourraient générer davantage d’emplois et de revenus.

L’avenir dépendra de la capacité de l’Afrique du Sud à moderniser ses logistiques, renforcer la biosécurité et soutenir les producteurs émergents tout en s’adaptant aux pressions climatiques.

Steenhuisen a conclu : « Le défi qui nous attends n’est pas simplement de préserver ce que nous avons construit. Il s’agit de l’amplifier. Nous devons approfondir les chaînes de valeur, renforcer la résilience climatique, investir dans la science et l’innovation, améliorer les infrastructures, soutenir les producteurs émergents et garantir que l’agriculture sud-africaine reste compétitive à l’échelle mondiale dans un monde de plus en plus exigeant. »

Les analystes considèrent cette croissance de 11 % comme un signal prometteur pour les investisseurs mondiaux, notamment sur les marchés asiatiques en pleine expansion. Toutefois, ils avertissent que la durabilité de cette dynamique dépendra de réformes structurelles internes.

L’équilibre entre opportunité et risque définit ainsi les perspectives: le secteur agricole sud-africain est prêt à s’étendre, mais seulement si les goulets d’étranglement logistiques et les lacunes en infrastructures sont résolument surmontés.

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