Le Botswana a clôturé l’année 2025 sur une contraction marquée de son secteur des transports et des infrastructures. Les immatriculations de véhicules pour la première fois ont reculé de 3,7 % à 9 942 unités, le volume de fret ferroviaire a chuté de 32,4 % à 163 681 tonnes, tandis que le trafic aérien de passagers a diminué de 13,4 % pour atteindre 236 827 mouvements par rapport au trimestre précédent.
Les voitures particulières ont conservé leur domination avec 72,8 % des immatriculations, les recettes du rail se sont réduites à 39,9 millions Pula, et les mouvements d’aéronefs ont baissé de 28,3 % à 18 966.
Les véhicules d’occasion ont constitué l’essentiel du marché, représentant 79,6 % des immatriculations, dont 85,2 % en provenance du Japon. L’Afrique du Sud a dominé les ventes de véhicules neufs avec 72,4 %. Mazda, Honda et Toyota ont été les marques les plus populaires, totalisant plus de la moitié des immatriculations. Décembre s’est imposé comme le mois le plus actif, concentrant 38,7 % des immatriculations du trimestre.
Le transport ferroviaire a reflété une contraction généralisée : les importations ont reculé de 44,8 %, le trafic de transit de 42,4 %, et les exportations de 18,9 %. Si les exportations ont représenté la plus grande part du volume (34,1 %), le trafic local a généré la part la plus importante des recettes (32,9 %). Le transit, bien que marginal en volume, a affiché la plus forte intensité de revenus (32,2 %), révélant un déséquilibre structurel dans la rentabilité du fret.
Le transport aérien a suivi la même tendance. Les mouvements domestiques ont baissé de 30,2 %, les internationaux de 20,2 %, mais ces derniers ont constitué 63,7 % du trafic passagers. L’aéroport international Sir Seretse Khama (SSKIA) a concentré 51,9 % des passagers, tandis que Maun a capté 36 %, notamment pour les vols non réguliers et touristiques. Les analystes soulignent que les vols réguliers ont montré une intensité passagers extrêmement faible, traduisant une sous-utilisation des capacités.
Ces dynamiques traduisent un secteur sous pression, affecté par une demande intérieure affaiblie, des flux commerciaux réduits et un tourisme en retrait. « La contraction du rail et du trafic aérien souligne la vulnérabilité des infrastructures de transport du Botswana face aux cycles de ralentissement du commerce et des voyages », observe Statistics Botswana.
À l’échelle mondiale, ce ralentissement reflète des vents contraires plus larges : demande de matières premières en baisse, consommation restreinte et goulots d’étranglement régionaux. Les analystes avertissent que la dépendance persistante aux importations de véhicules d’occasion et la baisse des volumes de fret pourraient révéler des faiblesses structurelles en matière de compétitivité logistique.
Toutefois, la résilience des recettes locales et la domination du SSKIA dans les vols réguliers laissent entrevoir un potentiel de reprise si le commerce régional et le tourisme se redressent.
Pour l’avenir, la prudence reste de mise. Les perspectives pour 2026 tablent sur une stabilisation progressive, conditionnée par une amélioration des flux commerciaux régionaux et des investissements dans les infrastructures.
L’enjeu sera de diversifier la base de transport au-delà des importations de véhicules d’occasion et de renforcer la connectivité ferroviaire et aérienne du Botswana avec les marchés mondiaux.
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