Lors du sommet AEW: Invest in African Energies, l’Organisation Africaine des Producteurs de Pétrole (APPO) et la Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank) ont annoncé des avancées majeures dans la mise en place de la Banque Africaine de l’Énergie, dotée d’un capital initial de 5 milliards de dollars.

Cette initiative vise à répondre à l’un des défis les plus urgents du continent : le déficit chronique de financement énergétique, estimé entre 31 et 50 milliards USD par an, alors que plus de 600 millions d’Africains vivent encore sans accès à l’électricité.

« Nous avons réussi à mobiliser une part importante des fonds nécessaires pour lancer cette banque. En deux à trois ans, nous avons accompli ce qu’aucune autre banque de développement n’a pu réaliser dans un délai aussi court », a déclaré Dr Omar Farouk Ibrahim, Secrétaire Général de l’APPO, lors d’un atelier consacré au lancement de la banque. Il a souligné l’incohérence persistante entre les ressources énergétiques du continent et l’accès local : « Plus de 600 millions d’Africains n’ont pas d’électricité… pourtant nous exportons 75 % de notre production pétrolière et 45 % de notre gaz. Si nous voulons de l’énergie pour nos populations, nous devons financer nos propres projets. »

Haytham El Maayergi, Vice-Président Exécutif d’Afreximbank, a mis en lumière les obstacles financiers auxquels l’Afrique est confrontée : « L’Afrique est pénalisée  nous payons plus par kilowatt avant subventions que partout ailleurs dans le monde, car les coûts de financement des projets énergétiques sont plus élevés. Lorsque nous empruntons, nous payons plus cher à cause de nos notations de crédit… C’est un fardeau pour le continent. »

Les données présentées révèlent que l’Afrique ne reçoit que 4 % des investissements climatiques mondiaux, alors qu’elle aura besoin de 1,6 à 1,9 trillion USD d’ici 2030 pour réussir sa transition énergétique. Dans plusieurs pays africains, les revenus issus des combustibles fossiles représentent encore entre 35 % et 82 % des recettes publiques, ce qui rend le financement énergétique crucial non seulement pour le développement, mais aussi pour la stabilité budgétaire.

La Banque Africaine de l’Énergie se veut un instrument de souveraineté financière, destiné à réduire la dépendance aux bailleurs extérieurs et à renforcer les capacités locales. « Nous avons le devoir de ne pas laisser le continent africain à la traîne en matière d’accès à l’énergie.

Et pour cela, nous ne pouvons plus continuer à attendre que les autres nous viennent en aide. Si soutien extérieur il y a, il doit venir en complément de nos propres efforts », a insisté Ibrahim.

Ce projet marque une inflexion stratégique dans la manière dont l’Afrique aborde son développement énergétique : en plaçant l’investissement local au cœur de la solution, en valorisant ses ressources pour ses propres besoins, et en construisant une infrastructure durable.

Si les 5 milliards initiaux ne suffisent pas à combler l’ensemble du déficit, ils posent les fondations d’un modèle africain de financement, fondé sur la transparence, la coopération régionale et la volonté de répondre aux besoins réels des populations.

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