Dans les mines, l’énergie et les infrastructures, la préparation des projets et la maîtrise des coûts pèsent autant sur la décision d’investissement que l’accès aux capitaux.

L’AETI Business Forum 2026 met en lumière une difficulté majeure pour l’investissement en Afrique : attirer des capitaux ne suffit pas lorsque les projets doivent encore démontrer leur viabilité financière, leur rentabilité et leur capacité d’exécution.

Organisé le 15 octobre au Fountains Hotel, à Cape Town, le forum a réuni des investisseurs, des entrepreneurs, des porteurs de projets et des décideurs autour des perspectives du secteur privé dans les mines, l’énergie, les infrastructures, les technologies de l’information et de la communication, l’agro-industrie et la finance.

L’enjeu dépasse la mise en relation entre entreprises et financeurs. Ces secteurs présentent des possibilités de croissance, mais exposent aussi les investisseurs aux retards, aux contraintes de financement, aux incertitudes réglementaires et aux dépassements de coûts. L’existence d’un besoin économique ne garantit pas qu’un projet soit suffisamment préparé pour obtenir un financement.

Ganief Bardien Regional Manager IDC

Lors de son allocution d’ouverture, Ganief Bardien, responsable régional pour le Western Cape à l’Industrial Development Corporation (IDC), a souligné la nécessité de renforcer les investissements transfrontaliers :

« L’Afrique a besoin de davantage de projets d’investissement transfrontaliers capables de contribuer à la construction d’un avenir meilleur. »

De tels projets peuvent élargir les marchés, renforcer les infrastructures régionales et faciliter les échanges commerciaux. Mais ils doivent également composer avec des cadres réglementaires différents, des risques politiques, des contraintes monétaires et des mécanismes de financement parfois complexes. Pour les investisseurs, ces facteurs doivent être évalués dès la conception du projet.

La préparation devient ainsi un élément central de la décision financière. Les promoteurs doivent pouvoir justifier leurs besoins en capitaux, leurs projections de revenus, leurs coûts opérationnels et leurs calendriers de réalisation. Sans ces éléments, même un projet répondant à un besoin réel peut avoir du mal à convaincre les financeurs.

Audrey Bading, directrice générale et fondatrice de Gettha Agency, a expliqué la vocation de l’AETI :

« L’AETI vise à réunir les fondateurs d’entreprises, les investisseurs et les PME, en mettant l’accent sur notre manière de commercer et de travailler ensemble pour développer nos industries. »

Cette mise en relation peut ouvrir des possibilités de partenariat et faciliter l’accès aux réseaux financiers. Elle ne garantit toutefois pas l’obtention de capitaux. Les entreprises doivent encore présenter des modèles économiques crédibles, une gouvernance transparente et des équipes capables de mener leurs projets à terme.

La question de l’exécution a également été soulevée par Kebonemorena Nthite, fondateur et consultant principal de KN Consulting :

« La gestion de projet est souvent négligée. Sans elle, les projets prennent du retard ou dépassent leur budget, faute de recherches suffisantes et d’une attention portée aux moindres détails. »

Dans les secteurs à forte intensité capitalistique, les conséquences peuvent être importantes. Un retard dans un projet minier ou énergétique peut différer les recettes, prolonger les besoins de financement et réduire les rendements attendus.

Des dépassements budgétaires peuvent obliger les promoteurs à rechercher des capitaux supplémentaires dans des conditions moins favorables. La rentabilité prévisionnelle peut donc se dégrader avant même le démarrage des opérations.

Ces risques concernent l’ensemble des secteurs représentés au forum. Les mines dépendent de l’accès à l’énergie et aux infrastructures de transport. L’agro-industrie nécessite des chaînes logistiques efficaces et des débouchés commerciaux.

Les infrastructures numériques doivent, elles aussi, répondre à une demande identifiable et générer des revenus durables. Le financement ne peut, à lui seul, compenser les faiblesses opérationnelles.

La dimension environnementale intervient également dans l’évaluation des investissements. Dr Sara Andreotti, directrice des opérations et cofondatrice de SharkSafe Barriers, a insisté sur la protection des écosystèmes marins :

« Nous devons agir correctement pour préserver les écosystèmes, afin que nos océans puissent prospérer et que nous puissions continuer à profiter de leurs ressources. »

Cette question concerne directement la viabilité à long terme des projets. Les risques environnementaux peuvent entraîner des obligations réglementaires, des coûts supplémentaires et des perturbations opérationnelles. Leur prise en compte dès la conception contribue à une meilleure évaluation des risques financiers.

Le compte rendu de l’AETI mentionne des échanges et des mises en relation entre participants, mais ne chiffre pas les investissements conclus ni les transactions attribuables au forum. Son impact économique ne peut donc pas être établi sur la seule base des rencontres organisées.

Les prochains indicateurs seront plus concrets : projets soumis à une vérification financière, partenariats formalisés, financements obtenus et étapes de réalisation respectées. L’AETI prévoit de revenir en novembre 2027, sans date précise annoncée à ce stade.

Pour les marchés africains, le véritable test sera la capacité à transformer les opportunités en projets financés, exécutés et économiquement viables.

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