Ivanhoe Mines franchit une étape majeure dans la transition énergétique africaine en annonçant que la turbine n°5, récemment rénovée à la centrale hydroélectrique d’Inga II (178 MW), fournit désormais 50 MW d’électricité propre au complexe cuprifère de Kamoa-Kakula.

Avec les améliorations du réseau en cours, l’alimentation devrait passer à 100 MW au premier trimestre 2026 et atteindre 150 MW en 2027, permettant au site de sécuriser environ 210 MW d’énergie renouvelable domestique dans les deux prochaines années.

Cette avancée intervient alors que la demande énergétique de Kamoa-Kakula est appelée à croître de 208 MW en 2025 à 347 MW en 2028, soulignant l’importance stratégique d’un approvisionnement fiable et durable.

Le co-président exécutif Robert Friedland a salué « un partenariat de dix ans avec la Société Nationale d’Électricité (SNEL) qui apporte aujourd’hui des bénéfices tangibles pour la RDC et le marché mondial du cuivre ». La présidente-directrice générale Marna Cloete a ajouté : « Du fleuve à la ressource, cette rénovation dépasse la technique : il s’agit de miner avec une plus grande finalité. »

La remise en état de la turbine n°5, achevée au troisième trimestre 2025, a déjà permis d’injecter 180 MW dans le réseau national. Sur ce total, Kamoa-Kakula reçoit actuellement 50 MW, portant son approvisionnement domestique à 110 MW.

Les travaux de modernisation des postes électriques d’Inga et de Kolwezi notamment l’installation de résistances et d’un compensateur statique prévu début 2026  stabiliseront la tension et permettront d’augmenter la livraison.

D’ici le premier semestre 2027, la mise à niveau des filtres devrait porter l’apport renouvelable à 150 MW, réduisant la dépendance aux importations coûteuses et aux générateurs de secours.

Les analystes du secteur soulignent que l’intégration par Ivanhoe de l’hydroélectricité et du solaire (60 MW attendus sur site dès 2026) reflète une tendance plus large : les compagnies minières sécurisent des énergies vertes pour répondre aux engagements ESG et se protéger contre la volatilité des coûts du carburant. « Ce n’est pas seulement du cuivre, c’est une question de crédibilité dans la transition énergétique », a commenté Peter Mokoena analyste  minier basé à Johannesburg. « Les investisseurs mondiaux observent comment les producteurs africains associent durabilité et montée en puissance. »

Les implications dépassent la RDC. Le cuivre, essentiel à l’électrification et aux infrastructures renouvelables, connaît une offre mondiale tendue. La capacité d’Ivanhoe à stabiliser l’alimentation électrique de Kamoa-Kakula renforce la certitude de production et son rôle dans la réponse à la demande croissante en Chine, en Europe et aux États-Unis. Comme l’a souligné Friedland : « Une énergie renouvelable fiable est l’épine dorsale des chaînes d’approvisionnement en cuivre du futur. »

Avec une demande en forte hausse et une intégration accélérée des renouvelables, le jalon hydroélectrique d’Ivanhoe Mines à Inga II illustre une dynamique plus large: les fleuves africains alimentent la transition énergétique mondiale.

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