Le lancement de Project Vault, une initiative stratégique de 12 milliards de dollars annoncée à la Maison-Blanche par le président Donald J. Trump aux côtés de Robert Friedland, co-président exécutif d’Ivanhoe Mines, marque une étape décisive dans la sécurisation des chaînes d’approvisionnement américaines en minerais critiques.
Financé par 1,67 milliard de capitaux privés et un prêt de 10 milliards de dollars de l’Export-Import Bank des États-Unis, ce programme vise à constituer une réserve nationale de métaux stratégiques.
Au cœur de cette stratégie figure la mine de Kipushi en République démocratique du Congo, dont la production 2026 est estimée entre 240 000 et 290 000 tonnes de concentré de zinc, enrichi de germanium (jusqu’à 90 g/t) et de gallium (jusqu’à 70 g/t).
Les ressources mesurées et indiquées de Kipushi comprennent 9,2 milliards de livres de zinc et 24,4 millions d’onces de germanium, des volumes qui répondent directement aux besoins des semi-conducteurs, des systèmes de défense et des technologies d’énergie renouvelable.
La conférence de presse dans le Bureau ovale a réuni des dirigeants industriels, dont Mary Barra, PDG de General Motors, ainsi que des hauts responsables américains, soulignant l’importance politique et économique de l’accord.
Les discussions avancées entre Ivanhoe Mines, Gécamines et Mercuria Energy Trading pourraient confier à Gécamines jusqu’à 50 % des ventes de concentré, avec une part significative destinée au marché américain.
Cette orientation s’inscrit dans le cadre du projet de complexe métallurgique intégré de 7,4 milliards de dollars annoncé en décembre 2025 à Clarksville, Tennessee, destiné à traiter les métaux de base et les minerais critiques sur le sol américain.
Robert Friedland a insisté sur le rôle stratégique de Kipushi, qualifiant ‘l’accord de pierre angulaire pour la résilience des chaînes d’approvisionnement américaines”.
Les analystes soulignent toutefois que cette avancée s’accompagne de risques liés à la gouvernance congolaise et à la volatilité des marchés des matières premières. Les enjeux de sécurité, la rivalité géopolitique avec l’Asie et l’Europe, ainsi que les incertitudes d’investissement, ajoutent une dimension complexe à cette opportunité.
Pour les observateurs du marché, l’accord représente à la fois une protection contre les pénuries futures et un signal fort de la compétition mondiale autour des minerais critiques.
La base de ressources de Kipushi, combinée à l’investissement dans le complexe métallurgique du Tennessee, place les États-Unis en position de réduire leur dépendance vis-à-vis des chaînes d’approvisionnement chinoises et européennes.
Au-delà de l’économie, l’accès sécurisé au germanium et au gallium est essentiel pour les semi-conducteurs de nouvelle génération, les dispositifs optiques militaires et les infrastructures d’énergie solaire.
Ce partenariat illustre la convergence entre nationalisme des ressources, demande technologique et stratégie géopolitique, redéfinissant les équilibres du marché mondial des minerais critiques.
Par Tresor Abana
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