Le secteur minier sud-africain a enregistré une baisse de 2,7 % de sa production en glissement annuel en novembre 2025, sous l’effet des fortes contractions du charbon (-7,9 %), du minerai de fer (-7,6 %), de l’or (-6,0 %) et des métaux du groupe du platine MGP (-2,8 %),
Selon la dernière publication de Statistics South Africa (Stats SA). Dans le même temps, les ventes minières n’ont reculé que de 0,3 %, soutenues par une hausse spectaculaire de 42,3 % des ventes de MGP, illustrant l’écart croissant entre la dynamique de production et la performance des recettes à l’exportation dans un contexte de volatilité des prix, de contraintes logistiques et d’évolution de la demande mondiale.
Ce recul contraste avec la progression de 6,1 % observée en octobre, tandis que la production corrigée des variations saisonnières a chuté de 5,9 % en un mois. Le charbon a à lui seul amputé la production totale de 2,1 points de pourcentage, le minerai de fer de 1,1 point et les PGMs de 0,8 point, confirmant la pression qui pèse sur les principaux minerais d’exportation du pays. La production aurifère, affectée par le vieillissement des infrastructures et la hausse des coûts d’exploitation, a retranché 0,5 point supplémentaire.
À l’inverse, le minerai de manganèse s’est distingué comme le principal moteur positif, avec une progression de 17,0 % en glissement annuel, contribuant à hauteur de 1,1 point à la croissance globale. Sur les trois mois précédant novembre, la production minière corrigée des effets saisonniers affiche encore une hausse de 1,6 %, portée par les PGMs (+3,8 %), le minerai de fer (+5,7 %) et le manganèse (+6,5 %), ce qui traduit une certaine résilience structurelle malgré la faiblesse du mois de novembre.
Du côté des recettes, les ventes de minerais aux prix courants ont reculé de 0,3 % en glissement annuel, principalement en raison des fortes baisses de l’or (-27,9 %), du charbon (-15,0 %) et du minerai de fer (-16,6 %). L’or a à lui seul retranché 6,0 points de pourcentage à la croissance des ventes, reflétant à la fois une baisse des volumes et des prix moins favorables.
Le charbon a contribué à hauteur de -3,8 points, soulignant les incertitudes persistantes sur la demande et les contraintes logistiques pesant sur les exportations.
Les PGMs ont toutefois joué un rôle d’amortisseur majeur. Leurs ventes ont bondi de 42,3 %, ajoutant 9,7 points de pourcentage à la croissance totale des ventes minières. Cette performance s’explique par une demande internationale soutenue pour ces métaux stratégiques, utilisés notamment dans l’automobile, les technologies de la transition énergétique et les applications industrielles, malgré un ralentissement de la production locale.
Pour Statistics South Africa, les chiffres de novembre traduisent une dynamique contrastée, où les recettes soutenues par certains minerais à forte valeur sont contrebalancées par des contraintes de production, la faiblesse des volumes dans les matières premières de base et des défis structurels persistants.
Les inefficiences du rail, les risques liés à l’approvisionnement en électricité et le vieillissement des sites miniers continuent de peser sur la performance opérationnelle du secteur.
Pour les décideurs publics et les investisseurs, ces données mettent en évidence la fragilité de l’équilibre entre les recettes d’exportation et la capacité productive du pays. Si certaines filières bénéficient encore de prix favorables, la contraction du charbon, du minerai de fer et de l’or souligne des pressions structurelles susceptibles de freiner la croissance à moyen terme sans réformes ciblées des infrastructures, de l’énergie et de l’investissement.
Sur le plan international, les perspectives du secteur minier sud-africain restent étroitement liées à l’évolution de la conjoncture mondiale. Comme le souligne le Minerals Council of South Africa, « la croissance économique réelle dans des marchés d’exportation clés comme la Chine et l’Inde contribuera à soutenir la demande pour les minerais et métaux sud-africains ».
La Chine a enregistré une croissance de 5 % en 2025, tandis que l’Inde devrait atteindre 7,5 %, avec une légère modération attendue en 2026. Les États-Unis et l’Europe devraient également afficher des taux de croissance positifs en 2025 et 2026.
Ces tendances offrent un soutien important aux exportations sud-africaines, notamment pour les MGP, le manganèse, le chrome et certains métaux liés aux batteries. Toutefois, les analystes estiment que la demande mondiale, à elle seule, ne suffira pas à relancer durablement le secteur sans amélioration significative des capacités de production locales.
Du point de vue régional et des marchés mondiaux, la trajectoire de l’industrie minière sud-africaine a des implications plus larges. Le pays demeure un fournisseur clé de PGMs, de manganèse et de chrome pour les chaînes d’approvisionnement industrielles, automobiles et énergétiques.
Une faiblesse prolongée de la production pourrait restreindre l’offre mondiale, accentuer la volatilité des prix et influencer les stratégies d’approvisionnement des grands consommateurs industriels.
Pour l’Afrique australe, la performance du secteur minier sud-africain reste également déterminante pour les flux logistiques transfrontaliers, l’utilisation des infrastructures et la confiance des investisseurs, l’Afrique du Sud jouant un rôle central dans les exportations régionales.
À moyen terme, les analystes anticipent une amélioration progressive de l’activité minière en 2026, soutenue par une croissance mondiale stable, une demande soutenue pour les minerais stratégiques et des ajustements opérationnels graduels.
Le rythme de cette reprise dépendra toutefois de la capacité du pays à renforcer ses infrastructures ferroviaires, sécuriser son approvisionnement énergétique et offrir un cadre réglementaire plus prévisible.
Comme le résume un analyste de marché, « le secteur minier sud-africain conserve une importance stratégique à l’échelle mondiale, mais la transformation de la demande en croissance durable passe par une amélioration concrète de la production ».
Les données de novembre dressent ainsi le portrait d’un secteur pris entre opportunités mondiales et contraintes domestiques, résilient du côté des recettes, mais encore en quête d’une dynamique productive durable.


