La production de diamants bruts a bondi de 17 % au premier trimestre 2026, atteignant 7,1 millions de carats, selon le dernier rapport de De Beers. Cette progression est portée par la mine canadienne de Gahcho Kué, qui affiche une hausse spectaculaire de 163 % à 1,0 million de carats, ainsi que par Venetia en Afrique du Sud, où la production a augmenté de 53 % pour atteindre 0,7 million de carats.
Au Botswana, premier contributeur du groupe, la production a progressé de 5 % à 4,8 millions de carats, tandis que la Namibie a enregistré une baisse de 12 % en raison de la mise hors service de navires et de travaux de maintenance. Les ventes consolidées ont grimpé de 53 % à 6,4 millions de carats, générant 648 millions de dollars de revenus contre 520 millions un an plus tôt.
Cependant, le prix moyen réalisé a chuté de 19 % à 101 dollars par carat, reflet d’une demande affaiblie et d’un mix de ventes orienté vers des biens de moindre valeur. « Les conditions de marché restent fragilisées par les tensions géopolitiques et tarifaires », souligne l’entreprise, mettant en évidence le contraste entre volumes en hausse et prix sous pression.
Le secteur minier ghanéen, bien que centré sur l’or et la bauxite, observe attentivement ces évolutions. La volatilité du marché du diamant illustre les risques auxquels sont exposées les économies dépendantes des ressources.
Les analystes notent que la stabilité relative du Botswana renforce son rôle de pôle diamantifère, tandis que le Ghana reste tributaire des cycles mondiaux de l’or, confronté à des pressions similaires sur la demande.
L’augmentation de l’offre en Afrique australe, combinée à la faiblesse des prix, pose la question de la durabilité des revenus pour les économies minières du continent.
À l’échelle mondiale, les implications sont notables. Une offre croissante face à des prix en recul annonce un environnement de marges plus serrées pour les producteurs, avec des répercussions possibles sur les flux d’investissement et les balances commerciales des pays riches en ressources.
Les analystes avertissent que si la faiblesse des prix persiste, elle pourrait peser sur la confiance des investisseurs dans les valeurs minières et influencer les stratégies de désengagement, comme la vente en cours de De Beers par Anglo American.
L’avenir dépendra de la capacité des marchés clés, tels que la Chine et les États-Unis, à stabiliser la demande. Comme le résume l’économiste du secteur Peter Mokoena « Le paradoxe d’une production en hausse et de prix en baisse rappelle que le succès minier reste tributaire des dynamiques de consommation mondiale. »
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