L’économie botswanaise a terminé l’année 2025 sur une note préoccupante, avec un PIB réel en baisse de 5,4 % à 46,9 milliards de Pula (environ 3,6 milliards de dollars), selon le dernier rapport de Statistics Botswana.
Sur une base trimestrielle, la contraction atteint 11,4 %, révélant l’ampleur du ralentissement. Le secteur minier a été le principal facteur de ce recul, avec une chute de 47 % de la valeur ajoutée dans les mines et carrières, due notamment à une baisse spectaculaire de 54,6 % de la production de diamants, ainsi qu’à des reculs dans le charbon et le sel de soude. À l’inverse, le PIB hors mines a progressé de 2,6 %, illustrant une certaine résilience des autres secteurs.
Le rapport précise que l’Administration publique et la Défense ont contribué à hauteur de 18,2 % au PIB, suivies par le commerce de gros et de détail (13,2 %), la construction (12,1 %) et les mines et carrières (6,8 %). L’agriculture a enregistré une croissance de 4,2 %, portée par une hausse spectaculaire des livraisons de bétail à la Botswana Meat Commission, en progression de 193,2 %.
Le secteur manufacturier a également rebondi, avec une croissance de 6,5 %, notamment grâce aux activités de tri, taille et polissage des diamants (+54,9 %). Comme le souligne le rapport : « Le produit intérieur brut réel a diminué de 5,4 % au cours de la période sous revue, contre une contraction de 1,9 % au même trimestre de 2024. »
Cette divergence entre les secteurs miniers et non miniers met en évidence la vulnérabilité du modèle de croissance du Botswana face aux cycles des matières premières. La chute de la production de diamants affecte non seulement les recettes nationales, mais aussi le marché mondial, où le Botswana joue un rôle majeur.
Une telle baisse pourrait réduire l’offre internationale et influencer les prix. Par ailleurs, la production et les importations d’électricité ont reculé respectivement de 11,6 % et 12,1 %, signalant des tensions infrastructurelles susceptibles de freiner la compétitivité industrielle.
Les analystes estiment que si l’agriculture, les TIC et la fabrication offrent des relais de croissance, l’avenir dépendra de la stabilisation du secteur minier et du renforcement de la fiabilité énergétique.
Le consensus est clair : 2026 exigera des stratégies de diversification plus affirmées pour réduire la dépendance aux diamants et soutenir la dynamique des secteurs non miniers. Le rapport de Statistics Botswana souligne ainsi un tournant décisif pour l’économie nationale, entre choc immédiat et impératif de résilience à long terme.
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