De Beers a enregistré une perte nette de 511 millions de dollars en 2025, confirmant l’affaiblissement persistant du marché mondial du diamant, tandis que sa maison mère Anglo American a annoncé une nouvelle dépréciation de 2,3 milliards de dollars en amont d’une cession stratégique prévue pour 2026.
Ces chiffres mettent en lumière les difficultés structurelles du secteur, entre la baisse de la demande en Chine et aux États-Unis et la montée en puissance des diamants synthétiques, qui redessinent l’avenir d’une marque emblématique.
Anglo American, qui détient 85 % de De Beers, a cumulé près de 5,2 milliards de dollars de dépréciations en deux ans, après une charge de 2,9 milliards en 2024. Cette pression financière coïncide avec une chute de 15 % des ventes mondiales de diamants bruts, conséquence directe d’un climat économique incertain qui freine les dépenses de luxe.
Le Botswana et l’Angola ont exprimé leur intérêt pour l’acquisition de parts significatives, ouvrant la voie à une recomposition des équilibres dans le commerce mondial du diamant.
« De Beers reste une marque au patrimoine exceptionnel, mais les réalités du marché imposent une remise à plat », a déclaré l’analyste Nandi Mokoena depuis johannesburg . Ce constat illustre la tension entre héritage et adaptation: si De Beers conserve une aura de prestige, sa trajectoire financière souligne l’urgence d’ajuster sa stratégie face aux nouvelles préférences des consommateurs et à la concurrence accrue.
Le rapport financier met en évidence l’érosion des marges dans les divisions de négoce et de distribution, avec des coûts opérationnels en hausse plus rapide que les revenus. Les analystes pointent l’effet combiné des pressions inflationnistes et de la progression des diamants synthétiques, qui représentent désormais près de 12 % des ventes mondiales. Ces dynamiques laissent présager une rentabilité limitée à court terme, sauf si De Beers accélère ses efforts d’innovation et de restructuration.
À l’échelle mondiale, les difficultés de De Beers reflètent celles du secteur du luxe, où les dépenses discrétionnaires restent vulnérables aux cycles économiques. La cession prévue en 2026 pourrait transformer l’exposition des investisseurs au diamant, avec des acteurs souverains africains susceptibles de renforcer leur influence sur l’offre et la fixation des prix.
L’avenir dépendra de la reprise de la confiance des consommateurs sur les marchés clés et de la capacité de De Beers à se repositionner dans un paysage concurrentiel en pleine mutation.


