L’année 2025 s’est achevée sur un paradoxe pour le secteur minier sud-africain : la production globale n’a progressé que de 0,1%, tandis que les ventes de minéraux à prix courants ont bondi de 7,3%, portées par une hausse spectaculaire de 270% des ventes d’or.
Selon Statistics South Africa, le mois de décembre illustre cette divergence: la production a été soutenue par le minerai de fer (+19%) et le manganèse (+40,4%), mais plombée par les métaux du groupe du platine (-7,7%) et le charbon (-5,7%).
Dans le même temps, les ventes de minéraux ont explosé de 48,1% en glissement annuel, confirmant que ce sont les prix mondiaux, plus que les volumes extraits, qui ont dicté la performance du secteur.
Ce contraste met en lumière des mutations structurelles. Le Minerals Council souligne que les minerais liés à l’acier – fer, manganèse, chrome – ont bénéficié de la demande chinoise record, tandis que les piliers traditionnels comme les PGMs (-4,4%), l’or (-1,7%) et le charbon (-0,7%) ont reculé.
L’organisation rappelle que la faiblesse des prix au premier semestre et les fortes pluies de fin d’année ont pesé sur les PGMs, tandis que le déclin géologique continue de réduire la production aurifère malgré des cours historiques.
Comme l’a résumé un économiste du secteur : « La performance remarquable des autres minerais métalliques (+17,2%) signale une diversification et de nouveaux gisements de croissance qu’il faudra surveiller de près. »
Lors du Mining Indaba 2026, les décideurs ont insisté sur la nécessité de repositionner l’industrie minière sud-africaine dans la transition énergétique. Les appels à investir dans le manganèse, le chrome et les minéraux stratégiques pour les batteries se sont multipliés, tout en soulignant l’urgence de réformes pour stabiliser la production de charbon et de PGMs.
Pour les marchés mondiaux, l’expérience sud-africaine illustre la volatilité des chaînes d’approvisionnement : les métaux précieux ont profité de la hausse des prix, les minerais liés à l’acier ont surfé sur la demande asiatique, mais la stagnation de la production interroge sur la compétitivité à long terme.
Les analystes estiment que sans investissements massifs dans les infrastructures et les nouveaux gisements, l’Afrique du Sud risque de perdre du terrain dans la course mondiale aux minéraux de transition. L’année 2026 sera déterminante pour savoir si le secteur peut transformer une résilience fondée sur les prix en une croissance durable de la production.


