En marge du Mining Indaba 2026, le plus grand forum mondial consacré au développement minier en Afrique, le Conseil mondial pour des minéraux de transition responsables du Paris Peace Forum a réuni gouvernements, industriels et société civile autour d’un constat partagé : les normes de durabilité,
si elles sont conçues sans l’implication des pays producteurs africains, risquent de fragmenter les marchés et d’exclure les économies émergentes.
« Les minéraux critiques seront l’un des thèmes centraux du G7 français cette année », a déclaré Benjamin Gallezot, Délégué interministériel aux approvisionnements stratégiques en minerais et métaux, soulignant leur importance pour l’industrialisation et la transition énergétique.
Mais les participants ont averti que des conditions d’accès au marché trop strictes pourraient devenir un mécanisme d’exclusion pour les petits producteurs et les mineurs artisanaux.
Le débat, co-organisé avec Sustainable Energy for All, a mis en évidence un consensus : les standards ne doivent pas être imposés unilatéralement. Olefile Cisco Mashabila, représentant la ministre botswanaise Bogolo Kenewendo, a souligné le risque d’un « système à deux vitesses » qui marginaliserait l’Afrique. Glen Mpufane, membre du Conseil mondial, a mis en garde contre une « course vers le bas » en matière de protection sociale, tandis que Vincenzo Conforti, responsable des relations gouvernementales chez Glencore, a rappelé que « les standards sont ce qui nous unit, que ce soit aux États-Unis, en Europe ou en Afrique ».
Les implications sont majeures: sans gouvernance inclusive, l’Afrique pourrait voir son rôle dans l’approvisionnement en cobalt, lithium ou manganèse affaibli, compromettant à la fois les objectifs climatiques et le développement équitable.
Les propositions issues des discussions incluent le renforcement des capacités institutionnelles, des réformes juridiques, une assistance technique accrue et des mécanismes de transparence tels que des audits et des normes anticorruption.
Ce débat reflète une tension géopolitique croissante : à mesure que la demande mondiale de minéraux de transition s’accélère, les standards risquent de devenir des instruments de pouvoir commercial.
Les analystes estiment que l’exclusion des économies africaines fragmenterait les chaînes d’approvisionnement, augmenterait les coûts et accentuerait les clivages Nord-Sud.
À l’inverse, des cadres inclusifs pourraient stabiliser les marchés et encourager des investissements responsables. Les travaux antérieurs du Conseil mondial insistent déjà sur la nécessité de maintenir des standards élevés sans fragmenter les marchés un message désormais au cœur des discussions avant le G7.
À l’avenir, deux trajectoires se dessinent : un système fragmenté où les producteurs africains peinent à satisfaire des critères externes, ou un modèle collaboratif où l’assistance technique et les réformes de gouvernance permettent une intégration pleine et entière.
Le premier scénario accroîtrait l’instabilité géopolitique et les goulets d’étranglement d’approvisionnement ; le second placerait l’Afrique au centre de la transition énergétique mondiale.
Le roundtable du Mining Indaba montre une volonté d’aller vers l’inclusion, mais la véritable épreuve sera de savoir si les dirigeants du G7 transformeront ce dialogue en action concrète.


