La République démocratique du Congo (RDC), premier producteur mondial de cobalt, a levé son interdiction d’exportation le 15 octobre 2025, pour la remplacer dès le lendemain par un système de quotas qui redéfinit les règles du jeu pour les acteurs mondiaux du raffinage et de la fabrication.

Selon le rapport du troisième trimestre 2025 de cobalt institute via Benchmark Mineral Intelligence(Data), ce nouveau cadre pourrait entraîner une réduction de l’offre ex-RDC de l’ordre de 30 % en 2026, créant un déficit stratégique malgré une production minière globale en excédent.

Le système prévoit une allocation de 87 000 tonnes de cobalt sous quota stratégique et 9 600 tonnes sous quota de base pour l’année 2026. Les critères d’exclusion sont stricts : toute entreprise ayant exporté moins de 100 tonnes en 2024 (à l’exception de l’EGC), tout raffineur sans activité minière au cours des cinq dernières années, et toute société exploitant des réserves épuisées ne pourra accéder aux quotas.

Cette configuration concentre l’accès aux exportations entre un nombre restreint d’acteurs, limitant ainsi l’approvisionnement en intermédiaires cobaltifères pour les raffineurs internationaux.

« Le système de quotas réduira les stocks ex-RDC à environ un mois de demande d’ici fin 2026 », indique le rapport, ajoutant qu’« un risque de destruction de la demande existe en 2027 ».

Le problème ne réside pas uniquement dans les volumes, mais dans la disponibilité réelle des matières premières pour les chaînes de valeur hors RDC, alors que la capacité de raffinage locale reste marginale.

Malgré une révision à la baisse des prévisions de demande   estimée à 213 200 tonnes pour 2025, soit une baisse de 3 000 tonnes par rapport au deuxième trimestre la croissance reste soutenue.

La demande devrait progresser de 4 % en 2025 et de 6 % en 2026, portée par les secteurs des véhicules électriques et des appareils portables. À elle seule, la filière EV devrait consommer plus de 6 800 tonnes en 2026, accentuant la pression sur les chaînes d’approvisionnement.

Ce système de quotas introduit une dissociation entre la production minière et la disponibilité exportable, générant une rareté artificielle. Les projections de Benchmark montrent un basculement du marché ex-RDC vers une situation déficitaire, malgré un excédent apparent à l’échelle mondiale.

Pour les raffineurs et les fabricants, les conséquences sont immédiates : renégociation des contrats, diversification des sources d’approvisionnement, et accélération des initiatives de recyclage.

La volatilité des prix et les tensions sur les marchés asiatiques et européens sont à prévoir, notamment si les producteurs cherchent à écouler les stocks accumulés pendant la période d’interdiction ou si l’ARECOMS renforce encore les contrôles.

À plus long terme, ce régime de quotas pourrait inciter les acteurs du marché à repenser leurs stratégies d’approvisionnement en cobalt. Pour l’heure, une certitude s’impose : l’accès  et non la seule disponibilité  sera le facteur déterminant du prochain cycle du marché du cobalt.

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