Une coalition de projets européens stratégiques dans le domaine du lithium a adressé une lettre formelle à la Commission européenne, appelant à une réforme claire et cohérente du cadre réglementaire, face à l’incertitude croissante liée à la classification chimique.
Rassemblant plus de 15 projets majeurs, tels que Jadar (Rio Tinto), Fortum Hydromet Harjavalta et le convertisseur de RockTech Lithium à Guben, les signataires soulignent que des règles mal alignées pourraient compromettre plus de 10 milliards d’euros d’investissements et freiner les ambitions européennes de chaîne d’approvisionnement énergétique durable.
« La classification des sels de lithium en catégorie 1A est non seulement contestée scientifiquement elle pourrait surtout freiner la dynamique au moment le plus critique », déclare Frank Stumpf, directeur général de Fortum Batterie Recycling GmbH.
Les autorités australiennes, quant à elles, estiment que la classification appropriée pour ces sels serait « au pire en catégorie 2 », accentuant le décalage entre les interprétations réglementaires internationales.
Au-delà des frontières de l’Union européenne, cette situation ouvre des opportunités pour l’Afrique. Les initiatives congolaises autour du lithium, bien que non citées dans la lettre, pourraient bénéficier du désengagement progressif des investisseurs européens positionnant la RDC comme une alternative crédible, moins risquée et plus compétitive.
Forte de son potentiel géologique, la RDC attire l’attention sur le lithium aux côtés du cobalt et du tungstène, avec la possibilité d’ancrer l’Europe dans un modèle d’approvisionnement plus diversifié et résilient.
« L’Europe doit harmoniser ses grandes politiques avec les réalités du terrain, sans quoi les investissements migreront vers des juridictions plus pragmatiques et axées sur la science », affirme Pierre-Alain Gautier, vice-président des affaires institutionnelles chez Eramet.
En toute objectivité, les intentions de l’UE sont louables : promouvoir la durabilité, protéger la santé publique et renforcer son autonomie stratégique. Mais sans cadre réglementaire adapté à la réalité scientifique et industrielle mondiale, le lithium risque de suivre le vent du désinvestissement.
Ce tournant pourrait marquer une phase décisive pour l’Afrique, où les réformes minières comme celles en cours en RDC promettent des partenariats transcontinentaux durables et mutuellement bénéfiques.
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