AVZ Minerals Limited a annoncé avoir reçu une notification officielle de poursuites engagées par l’Australian Securities and Investments Commission (ASIC) concernant ses déclarations passées au marché sur sa participation dans le projet de lithium et d’étain de Manono, en République démocratique du Congo. Ce développement intervient alors que le projet, estimé à plus de 400 millions de tonnes de roche dure riche en lithium, est considéré comme l’un des gisements les plus stratégiques au monde dans un contexte où la demande mondiale en lithium devrait augmenter de plus de 400 % d’ici 2030.

Cette procédure judiciaire ajoute une pression réglementaire significative à un projet déjà embourbé dans des litiges de longue date avec les autorités congolaises, et pourrait retarder davantage son développement, avec des répercussions potentielles sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement mondiale.

« AVZ Minerals Limited (AVZ ou la Société) informe avoir reçu une notification de poursuites engagées par l’Australian Securities and Investments Commission (ASIC) concernant des déclarations historiques au marché relatives à la participation de la Société dans le projet de lithium et d’étain de Manono. AVZ et ses administrateurs rejettent fermement toutes les allégations de faute et entendent se défendre vigoureusement », a déclaré la société dans son communiqué du 11 novembre 2025.

Le projet Manono, situé dans la province du Tanganyika, est au cœur d’un différend juridique entre AVZ et le gouvernement congolais depuis 2022, portant sur l’octroi d’un permis d’exploitation. En 2025, la signature d’un accord-cadre entre la RDC et Kobold Metals a ravivé les tensions, soulevant des inquiétudes sur la transparence des droits miniers et la gouvernance du secteur. Face à l’impasse,

AVZ Minerals a relancé une procédure d’arbitrage devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), dénonçant l’absence de dialogue constructif avec les autorités congolaises.

L’intervention de l’ASIC introduit une nouvelle dimension juridique, cette fois sur le plan boursier australien. Le régulateur reproche à AVZ d’avoir potentiellement induit en erreur ses actionnaires sur la nature et la sécurité de sa participation dans le projet Manono.

Cette double pression judiciaire locale et internationale renforce l’incertitude autour d’un projet pourtant jugé essentiel pour répondre à la demande croissante en métaux critiques.

Selon plusieurs analystes, les retards prolongés dans le développement de Manono pourraient aggraver les tensions sur le marché mondial du lithium, déjà fragilisé par les perturbations géopolitiques et les contraintes logistiques.

« Manono n’est pas seulement un actif congolais, c’est un point d’ancrage stratégique pour l’approvisionnement mondial en lithium », estime l’ analyste regional Jane Smith. « Son avenir influencera la perception des investisseurs sur la gouvernance des ressources en Afrique et sur la fiabilité des chaînes d’approvisionnement critiques. »

Malgré ces turbulences, AVZ affirme que le projet reste techniquement solide et économiquement viable. La société poursuit ses démarches juridiques et financières à l’international pour défendre ses droits et sécuriser le développement à long terme du site.

Alors que les procédures de l’ASIC se mettent en place et que l’arbitrage international reprend, le projet Manono se trouve à la croisée des chemins entre blocage juridique et potentiel transformateur pour l’économie mondiale de l’énergie propre.

Par Kelly Mbuyu

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